Les
familles possèdent le plus souvent plusieurs terriers : un d'hivernage
et un d'estive (été) et opère en fonction de la
saison une migration altitudinale. On trouve effectivement plus de marmottes
en altitude en été qu'au printemps.
Fait unique, la marmotte est en effet le seul mammifère à
n'avoir dans sa rétine que des cônes, aucun bâtonnet!
Ce qui en fait une diurne exclusive. Elle ne voit rien dès qu'il
fait sombre, mais est sensible aux infrarouges. Autre particularité,
les pattes antérieures de la marmotte n'ont que quatre doigts,
alors que les postérieures en ont cinq!
Elle
a par ailleurs une ouïe et un odorat très fins et nous repère
le plus souvent avant que nous ne l'ayons aperçu. Elle émet
alors un sifflement suraigu unique ou répété, d'intensité
variable. Le signal est souvent suivi d'une fuite immédiate de
toutes les marmottes des environs. Le signal varie également
en fonction de la nature de l'intrus.
Elle
aime prendre le soleil auquel elle semble vouer un véritable
culte, rester avachie sur un rocher ou près de son terrier figure
parmi ses occupations favorites. On la voit donc rarement dehors par
temps humide.
Aujourd'hui, en l'absence ou la rareté de super-prédateurs
comme le loup et le lynx, les principaux ennemis de la marmotte restent
l'aigle et le renard.
La nature semble bien cruelle, mais elle l'est sans doute moins que
cet autre prédateur: l'homme. Gazage, piégeage, fusil...
tout a été essayé sur elle. Aujourd'hui, heureusement,
le piégeage et le déterrage sont interdits en France!
Il est vrai que sa chair a constitué longtemps un apport conséquent
de nourriture dans les régions de montagne. Sa graisse était
utilisée comme cire et dans certaines régions comme onguent
aux propriétés anti-rhumatismales. Son épaisse
fourrure était également convoitée. Aujourd'hui
cependant, si tous ces usages ont fort heureusement disparu, les "traditions"
l'emportent sur la nécessité et l'on tue encore la marmotte
dans certaines régions.
UNE
VIE RHYTMEE PAR LES SAISONS
A
la fin de l'été, on la voit multiplier les allées
et venues, se nourrissant abondamment. Dès la mi-septembre, elle
entreprend de préparer son terrier. Les marmottes se livrent
alors à un incroyable travail: celui de la fenaison! Elle coupe
de nombreuses touffes de graminées qu'elles laissent délibérément
sécher au soleil avant de les rentrer comme on rentre les foins.
Ce foin sera utilisé pour faire la litière de la chambre
familiale.
Mi-octobre,
la marmotte décide de se retirer dans ses appartements avec sa
petite famille. Selon de récentes études il semble que
le déclic provoquant l'hibernation est (comme pour le réveil)
un comportement réflexe lié à la température
ambiante. Dès que la température chute à 12°c,
la marmotte disparaît dans la chambre commune où elle tombe
rapidement en léthargie totale.
Après avoir obturé l'entrée du terrier avec un
mélange de paille, de racines, et de terre, les marmottes se
couchent, recroquevillées sur la litière bien sèche.
Leur métabolisme se ralentit. La température du corps
chute à 4°c, les battements du cur et la respiration
s'espacent! Elles s'endorment l'estomac vide, la vessie pleine, comme
mortes. Tout au plus se lèvent-elles de temps à autres
pour aller aux cabinets. Elles ne sortiront du terrier qu'au printemps
avec environ 50% de leur poids en moins.
Dès
que la température extérieure atteint environ 18°c,
généralement vers fin mars, début avril, la marmotte
fait sauter le bouchon (bauge) qui obstrue l'entrée de son terrier
et sort. Cela est vrai même si le manteau neigeux est important.
Alors qu'elle est vraisemblablement tenaillée par la faim, elle
ne sort pas pour manger, pas encore. Elle s'aventure tout d'abord aux
alentours immédiats pour uriner. Elle suce aussi de la neige.
Ce n'est que deux ou trois jours après quelle se restaure
enfin. Quinze jours seulement après sa sortie commencera la période
des amours, de nouvelles familles voient le jour, et il lui faut vite
refaire ses réserves...