La marmotte est considérée à tort comme un animal banal parce-que commun. Elle est en fait un être fascinant, tant par l'exubérance de son mode de vie que par certaines particularités qui en font une espèce unique.
A l'automne elle pèse souvent plus de 5 kg, mais à la sortie de sa léthargie souvent à peine 2 kg! Poids du marmotton à la naissance : 30 gr.
C'est un animal bien adapté au milieu montagnard. Six espèces se répartissent l'hémisphère Nord, de l'Europe à l'Asie. Notre Marmotte est la Marmotte des Alpes (mammifère de la famille des Sciuridés).
Elle vit dans la quasi-totalité des Alpes et a été réintroduite dans de nombreux autres massifs comme en Ardèche, dans la Drôme, le Cantal, le Jura, en Forêt noire et dans les Pyrénées.

Son aire de répartition altitudinale habituelle est comprise entre 1 700 et 2 300m.
C'est en réalité une espèce peu exigeante pour peu qu'elle profite d'un espace suffisamment dégagé pour lui permettre de surveiller l'horizon. Elle raffole de bulbes et de racines, mange également toutes sortes de graminées. Ses besoins en eau sont totalement couverts par la végétation, ce qui fait qu'elle ne boit pas (ou très rarement). Elle aime fréquenter également les bergeries en l'absence des troupeaux pour y chiper du sel et paraît-il se rend même aux salines.
En fin de saison elle trouve dans l'abondance des criquets sur les alpages d'altitude, un complément de protéines fort appréciable pour lui permettre de se constituer de solides réserves d'hiver. La marmotte est une grande mangeuse. Elle mange journellement entre 500g et 1 kg.
Lorsqu'elle est habituée à l'homme, elle accepte alors n'importe quoi, ce qui peut lui être fort dommageable: chips, pain, etc... Ces colonies tiennent plus d'une colonie de mendiants que de marmottes sauvages.

La marmotte est un animal très casanier qui vit en famille dans un terrier composé d'un labyrinthe de galeries complexe. Le terrier possède de nombreuses entrées, ainsi q’une chambre de "résidence", et souvent une ou plusieurs autres "pièces" ainsi qu'une petite exclusivement réservée aux cabinets. Elles ont également à leur disposition des galeries de secours dans lesquelles elles s'engouffrent à la moindre alerte.
A l'intérieur de son terrier, la marmotte s'oriente grâce à ses vibrisses (moustaches).

Taille : 60 à 70 cm. La taille définitive est atteinte à 3 ans.
Poids moyen : adulte 5 à 6kg (parfois plus)
Longévité : 14 à 16 ans. La mortalité est cependant importante.
Période des amours : mi-avril à mi-mai
Gestation : 34 jours
Naissance : le plus souvent 3 à 5 marmottons
Maturité sexuelle : à 3 ou 4 ans
Mue : une de mai à juillet. Dès fin juillet, la mue s'achève et la toison d'hiver est déjà prête.
Dates d'hibernation : de la mi-octobre à fin mars, courant avril selon les colonies.

 

Les familles possèdent le plus souvent plusieurs terriers : un d'hivernage et un d'estive (été) et opère en fonction de la saison une migration altitudinale. On trouve effectivement plus de marmottes en altitude en été qu'au printemps.
Fait unique, la marmotte est en effet le seul mammifère à n'avoir dans sa rétine que des cônes, aucun bâtonnet! Ce qui en fait une diurne exclusive. Elle ne voit rien dès qu'il fait sombre, mais est sensible aux infrarouges. Autre particularité, les pattes antérieures de la marmotte n'ont que quatre doigts, alors que les postérieures en ont cinq!

Elle a par ailleurs une ouïe et un odorat très fins et nous repère le plus souvent avant que nous ne l'ayons aperçu. Elle émet alors un sifflement suraigu unique ou répété, d'intensité variable. Le signal est souvent suivi d'une fuite immédiate de toutes les marmottes des environs. Le signal varie également en fonction de la nature de l'intrus.

Elle aime prendre le soleil auquel elle semble vouer un véritable culte, rester avachie sur un rocher ou près de son terrier figure parmi ses occupations favorites. On la voit donc rarement dehors par temps humide.
Aujourd'hui, en l'absence ou la rareté de super-prédateurs comme le loup et le lynx, les principaux ennemis de la marmotte restent l'aigle et le renard.
La nature semble bien cruelle, mais elle l'est sans doute moins que cet autre prédateur: l'homme. Gazage, piégeage, fusil... tout a été essayé sur elle. Aujourd'hui, heureusement, le piégeage et le déterrage sont interdits en France! Il est vrai que sa chair a constitué longtemps un apport conséquent de nourriture dans les régions de montagne. Sa graisse était utilisée comme cire et dans certaines régions comme onguent aux propriétés anti-rhumatismales. Son épaisse fourrure était également convoitée. Aujourd'hui cependant, si tous ces usages ont fort heureusement disparu, les "traditions" l'emportent sur la nécessité et l'on tue encore la marmotte dans certaines régions.

UNE VIE RHYTMEE PAR LES SAISONS

A la fin de l'été, on la voit multiplier les allées et venues, se nourrissant abondamment. Dès la mi-septembre, elle entreprend de préparer son terrier. Les marmottes se livrent alors à un incroyable travail: celui de la fenaison! Elle coupe de nombreuses touffes de graminées qu'elles laissent délibérément sécher au soleil avant de les rentrer comme on rentre les foins. Ce foin sera utilisé pour faire la litière de la chambre familiale.

Mi-octobre, la marmotte décide de se retirer dans ses appartements avec sa petite famille. Selon de récentes études il semble que le déclic provoquant l'hibernation est (comme pour le réveil) un comportement réflexe lié à la température ambiante. Dès que la température chute à 12°c, la marmotte disparaît dans la chambre commune où elle tombe rapidement en léthargie totale.
Après avoir obturé l'entrée du terrier avec un mélange de paille, de racines, et de terre, les marmottes se couchent, recroquevillées sur la litière bien sèche. Leur métabolisme se ralentit. La température du corps chute à 4°c, les battements du cœur et la respiration s'espacent! Elles s'endorment l'estomac vide, la vessie pleine, comme mortes. Tout au plus se lèvent-elles de temps à autres pour aller aux cabinets. Elles ne sortiront du terrier qu'au printemps avec environ 50% de leur poids en moins.

Dès que la température extérieure atteint environ 18°c, généralement vers fin mars, début avril, la marmotte fait sauter le bouchon (bauge) qui obstrue l'entrée de son terrier et sort. Cela est vrai même si le manteau neigeux est important. Alors qu'elle est vraisemblablement tenaillée par la faim, elle ne sort pas pour manger, pas encore. Elle s'aventure tout d'abord aux alentours immédiats pour uriner. Elle suce aussi de la neige. Ce n'est que deux ou trois jours après qu’elle se restaure enfin. Quinze jours seulement après sa sortie commencera la période des amours, de nouvelles familles voient le jour, et il lui faut vite refaire ses réserves...