On recense entre 5000 et 6000 chamois dans le Queyras.

Le chamois que l'on pense être une espèce d'antilope, est comme le bouquetin un Bovidé (Ongulé). Il est aujourd'hui très répandu en France.
Il vit dans les Alpes et dans les Pyrénées où on l'appelle Isard. Il s'est également acclimaté dans le Jura et les Vosges. Il est vrai que s'il est montagnard avant tout, il ne déteste pas les forêts.
On peut le rencontrer par exemple assez souvent dans les mélézins et les pinèdes. Son aire de prédilection est vaste, elle s'étend de 1 500 m à 2 500-2600 m selon les massifs. Plus haut en été, plus bas en hiver, il s'aventure parfois même au-delà de 3 000m.
Comme le bouquetin, le chamois supporte très bien les basses températures, mais à l'inverse de celui-ci, il craint la chaleur excessive. Par ailleurs, il ne craint pas la neige, alors que le bouquetin est rapidement en difficulté sur un terrain fortement enneigé
Le cœur du chamois est extrêmement développé (1/3 plus gros que le nôtre) et s'il est surpris, il peut avaler 800 à 1 000 m de dénivelée en seulement 10 mn alors qu'un alpiniste très entraîné a du mal à en "faire" autant en une heure!

Le chamois est polygame. A l'époque du rut, il est survolté et comme "absent". Il se frotte les cornes sur les arbustes et pierres pour marquer son territoire. Il possède, en effet, durant la période du rut des glandes odorantes à la base de ses cornes
La femelle est polyandre, elle est donc souvent saillie par plusieurs mâles. Le coït est rarement observé, car nocturne.
Il mue au printemps en perdant dans un premier temps et par lambeaux entiers la "bourre", son épaisse toison d'hiver que l'on trouve alors un peu partout. La mue se poursuit cependant même après l'été. Il n'a la teinte "chamois" que peu de temps, car le poil devient dès septembre plus long et plus foncé pour devenir noir en hiver. Les poils de l'échine croissent également comme une crinière appelée "barbe".

 

Taille : hauteur au garrot de 70 à 85 cm pour une longueur de 1,20 à 1,30 m
Longévité :
Longévité : moyenne générale: 14-15 ans; potentielle: 20-25 ans
Gestation :
165-175 jours
Naissance :
fin mai, mi-juin; un chevreau, très rarement deux
Maturité sexuelle :
18 mois
Mue :
au printemps son pelage est beige , il s'épaissit dès septembre pour devenir noir

Pour s’alimenter, le chamois n'est pas très difficile et son estomac supporte des aliments très ligneux. Il a de plus très peu de besoins hydriques, les végétaux dont il se nourrit comblant ses besoins en eau. Il paraît qu'il lèche également la neige. Il fréquente en outre avec assiduité les "liches". Ce sont des salines naturelles, des endroits suintants chargés de sels minéraux dont il est très friand comme tous les bovidés et parfois même s'y rend plusieurs fois par jour Lorsque des salines sont aménagées par l'homme, le chamois s'y rend sans complexe.

Le mâle


Il est bien plus "massif" que la femelle, cependant le museau paraît tronqué contrairement à celui de la femelle plus allongé. Les cornes sont généralement plus épaisses, plus divergentes et surtout plus refermées. Le poitrail plus fort du mâle lui donne une allure fière et, chez l'individu de plus de 4 ans, on aperçoit un pinceau de poils péniens (pénis). Lorsqu'il se trouve en compagnie de la harde (troupeau), toutes ces différences sont flagrantes.

La chèvre


La femelle du chamois est quant à elle plus fine de tête et ses cornes sont plus effilées et moins divergentes. Ces détails ainsi que son cou nettement moins large lui confèrent une allure gracile. Elle dépasse rarement 35 kg tandis que le mâle peut atteindre exceptionnellement à la belle saison plus de 60 kg! (généralement 40 à 50 kg).

Le chevreau ou cabri

Issu de la dernière mise-bas, il est aisé à reconnaître car il ne possède selon la saison que de toutes petites cornes ou même, les premières semaines après sa naissance, de petites bosses comme des dents prêtes à percer. Il est velouté et court sur pattes. Les cabris sont très joueurs! Ils sont toujours accompagnés de leur mère, parfois également de leurs grandes sœurs.

Les éterlous et éterles

On les appelle ainsi dans le Queyras. Ce sont les jeunes de plus d'un an. Ils sont violemment écartés avant la nouvelle mise-bas de leur mère (en tous cas pour les mâles) et ce jusqu'à la fin du sevrage du chevreau. Les jeunes mâles se retrouvent ainsi ensemble à errer. Ils se laissent approcher parfois à quelques mètres. Ils retrouveront bien vite leur crainte "héréditaire". Les femelles ne sont pas toujours "rejetées" et accompagnent parfois leur mère et leur jeune "frère ou sœur".

La harde est le "troupeau" de chamois. Elle est le plus souvent composée de 30 à 50 individus. Des chèvres, leurs chevreaux, des éterles et éterlous de deuxième et troisième génération, et de la bréhaigne.
La bréhaigne est une femelle stérile jouant le rôle de "mamie-traffic" qui conduit la harde et décide de l’itinéraire. C’est un poste important, pour traverser les couloirs avalancheux par exemple. Le chamois a visiblement un sixième sens en ce qui concerne les avalanches.